« Bienvenue ! Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »

Rencontre avec un peintre stambouliote, polyglotte, prolifique et loufoque. A 62 ans plus rien n’étonne Ilhami Atalay. Lui n’a pas manqué de nous surprendre.

A deux pas de Sainte-Sophie, et de sa horde de touristes, Ilhami Atalay nous reçoit dans sa Sanat Galerisi, enfoncé dans son fauteuil. La théière fume sur le poële, l’artiste est toujours prêt à recevoir amis ou touristes égarés.

« Je suis né peintre ! »

Barbe généreuse, regard mutin, l’artiste à la main habile et de longues années de pratique derrière lui. D’Istanbul à Berlin, il a paufiné son art. Lire la suite

Non les filles vous n’irez pas danser

Une matinée ensoleillée sur l’avenue Istiklal, à Istanbul. Des percussions retentissent. Une foule agglutinée écoute attentivement. Le temps s’arrête quelques minutes dans l’artère la plus touristique du centre ville. 

En s’approchant, on distingue deux petites silhouettes qui s’agitent au centre. Deux fillettes d’à peine 6 ans virevoltent avec une aisance rare au rythme endiablé de la musique. Leur gracieuse insouciance séduit autant qu’elle étonne. Lire la suite

Sur les routes de l’opium

Le trafic d’héroïne à destination de l’Europe transite par la Turquie. Un passage que l’on croyait incontournable, avant que cette autoroute de la drogue soit concurrencée par des chemins de traverse. Moins directs mais beaucoup plus discrets.

La Turquie est devenue un lieu de transformation de l'opium en héroïne avant d'être expédié via Istanbul en Europe.

Plus de 8 000 tonnes, c’est la production annuelle d’opium estimée en Afghanistan. Soit 90% de la production mondiale. L’équivalent de 333 semi-remorques. Si une partie de cet opium semble directement transformé sur place, la route vers l’Ouest continue via l’Iran, le principal pays de passage pour rejoindre la Turquie. Lire la suite

Pour le Parti des travailleurs turcs, il n’existe pas de génocide arménien

L’Işçi Partisi, ou Parti des travailleurs, est une formation politique nationaliste ultra-minoritaire en Turquie, qui n’a jamais dépassé 0,6 % aux élections ni eu de siège au Parlement. Comme le MHP, le Parti d’action nationaliste, il nie l’existence du génocide arménien.

« Le génocide arménien est un mensonge imperialiste ». 24 avril 2010. Avenue Istiklal, Istanbul.

La manifestation du 24 avril 2010 de l’IP n’a rassemblé qu’une cinquantaine de personnes dans l’avenue Istiklal, en plein centre ville d’Istanbul. Lire la suite

Première commémoration du génocide arménien à Istanbul

Pour la première fois, samedi 24 avril, sur la principale place d’Istanbul, un hommage a été rendu aux Arméniens massacrés en 1915.

Les Arméniens se recueillent sur la place Taksim : « Cette douleur est notre douleur, ce deuil est notre deuil à tous. » (Photo Sarah Lefèvre)

Le recueillement a eu lieu grâce à la protection des forces de l’ordre. Un événement inédit en Turquie où l’on récuse l’idée de génocide. Lire la suite

«Chaque jour la boule au ventre»

Les grèves secouent les prisons de Tours et de Fresnes. Partout en France, les surveillants dénoncent leurs conditions de travail, la pression de la hiérarchie… 

Stéphane Lecerf est gardien de prison depuis près de 10 ans. Il a commencé à Villepinte puis a rejoint la maison d’arrêt de Lille-Sequedin. Depuis 2 ans, il est passé de l’autre côté, “à l’extèrieur”, en syndicaliste dévoué, pour l’UFAP (Union fédérale autonome pénitentiaire). Témoignage.

A sa gauche, une vue imprenable sur la maison d’arrêt bétonnée de Lille-Sequedin. Interdiction formelle de prendre en photo les murs de la prison sans autorisation.


“La plupart de mes collègues rentrent chaque jour la boule au ventre.” Deux d’entre eux se sont suicidés en 2009. Un conflit, une angoisse… Il répond toujours présent. Dans son bureau de syndicaliste avec vue sur murs, le téléphone sonne toutes les cinq minutes.

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Le monde selon Reza : photographe, Iranien et exilé

Reza par Mark Thiessen, National Geographic

Reza est aujourd’hui un photographe de renom, connu pour ses reportages de guerre et l’humanité avec laquelle il retranscrit les situations de crise. En 1979, année de révolution islamiste en Iran, il est contraint à l’exil, alors qu’il commence tout juste à vivre de ses photos. C’est en France qu’il vient trouver refuge.

« Reza », une signature d’artiste : pourquoi ne pas avoir gardé votre vrai nom ?

C’est un peu comme Jean-Pierre ou Jean-Claude en France. C’est un nom très commun et qui passe inaperçu en Iran. Et pour des raisons de sécurité ce n’était pas négligeable avant que je quitte la pays. Lire la suite

Soul Kitchen, la cerise de Fatih Akin

Après les sombres Head on (2004, Ours d’Or à Berlin) et De l’autre côté (2007), Fatih Akin, jeune réalisateur allemand d’origine turque, s’accorde une pause comédie inédite et réussie avec Soul Kitchen. Le film a reçu le Grand prix du jury de la 66e Mostra de Venise en 2009.

Zinos (à gauche) doit embaucher son frère Ilias (à droite) dans son restaurant pour que celui-ci puisse sortir de prison.

Au menu, poisson pané et frites surgelées. La fumée embaume le vieux hangar désaffecté. Plus d’assiettes en porcelaine : elles ont explosé dans le vieux lave-vaisselle. Tant pis, les soupières de grand-mère feront l’affaire.

Le rideau se lève sur des fourneaux crasseux, un jeune cuistot plus bedonnant que gourmet… Zinos a tout investi pour ouvrir son Soul Kitchen (“cuisine de l’âme”). Lire la suite

Le Québec pique sa crise du disque

Campagne de sensibilisation contre le piratage (Adisq, 2009)

Baisse des ventes de disques, téléchargement illégal, augmentation du cachet des artistes, du prix des places de concert… Le monde musical n’est pas plus rose de l’autre côté. La diminution des ventes de disques est encore plus importante au Québec et pourtant on semble moins s’agiter qu’ici.

Fier de ses artistes, le Québec résiste toujours à l’influence musicale étrangère, comme l’explique Laurent Saulnier vice-président à la programmation des FrancoFolies et du Festival International de Jazz de Montréal chez Spectra. Assurancetourix serait dans tous ses états :

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Les sans papiers c’est pas du cinéma

Et pourtant c’est peut-être dans une salle de cinéma que vous découvrirez cette vidéo. Un court-métrage, des sans-papiers, des cinéastes mobilisés : plans fixes, portraits groupés. Témoignage  d’hommes, de femmes, d’africains, de roumains, d’européens, d’asiatiques…

De grandes entreprises françaises et institutions républicaines  sont citées dans le film : Veolia, Bouygues,  Carrefour, Cora, Monoprix, Franprix… l’hôtel Matignon et l’Assemblée nationale aussi. Tous savent qu’ils emploient des « sans-papiers ».

Comble de l’absurde : ils en ont des papiers. Des feuilles de paye, des relevés d’impôts, une carte vitale. Ils les ont tous. Sauf un. Celui qui leur permettra d’avoir les mêmes droits que leurs devoirs.

Leur credo : « On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! ».

Une pétition a été mise en ligne par le Collectif des cinéastes pour les sans papiers. Pour la signer, cliquez ici.